Parlons sextos…

Il existe plusieurs façons d’attirer l’attention de quelqu’un. Certaines filles lancent un sourire, battent des paupières ou encore glissent quelques compliments à l’oreille de leur nouvelle flamme. Toutefois, un nouveau mode de flirt est apparu récemment et fait l’objet de discussion et de débats dans les médias. Le sexto est l’envoi de photos révélatrices et/ou sexy à des utilisateurs de téléphones cellulaires. Plusieurs médias affirment que les sextos suscitent de plus en plus de préoccupations dans les écoles. Selon un rapport de recherche publié récemment par le Pew Research Center, 4 % des jeunes ont déjà envoyé un sexto, et 15 % en ont déjà reçu un.

Le Centre canadien de protection de l’enfance et l’Association canadienne des télécommunications sans fil viennent d’annoncer qu’ils ont lancé conjointement un programme dans une centaine d’écoles canadiennes pour sensibiliser les élèves de secondaire 1 aux conséquences éventuelles de leurs activités en ligne, ainsi qu’aux effets du harcèlement textuel et du détournement de mineurs via textos. Les deux organisations s’attendent à ce que le programme incite les adolescents à adopter un comportement approprié en ce qui a trait à l’envoi de messages textes. Le cours est construit à partir de trois plans de leçons disponibles sur educationtextuelle.ca et se veut un outil préventif que les enseignants peuvent présenter en classe.

De tels programmes indiquent que des actions concrètes sont déployées pour encourager un comportement approprié en ligne chez les jeunes. Plusieurs jeunes ne comprennent pas que dès qu’ils envoient une photo — même à un être cher —, ils courent le risque que cette photo soit diffusée publiquement. Il est très facile pour la personne qui reçoit la photo de la transmettre à d’autres, ou de l’afficher sur Internet à l’insu et sans le consentement de l’expéditeur original. Après une rupture amoureuse, on peut ruiner la vie de quelqu’un en appuyant tout simplement sur un bouton pour propager une photo révélatrice sur Internet. Dès qu’on affiche quelque chose en ligne, le nombre de personnes qui pourront y accéder est illimité : amis, membres de la famille, futurs employeurs… la liste est infinie. On peut ainsi ternir une réputation à jamais.
On a récemment noté une augmentation du nombre d’affaires juridiques concernant le sexto et des jeunes qui ont affiché des photos n’étant pas destinées à la consommation publique. Un adolescent du Texas a passé la nuit dans un centre de détention pour mineurs après que son entraîneur de football a découvert une photo provocante qu’on lui avait envoyée. Dans certains États, un adolescent reconnu coupable d’envoi de sextos est inscrit au registre des délinquants sexuels pendant au moins dix ans, même s’il ne purge jamais de peine de prison. Bien sûr, les gens qui reçoivent ou distribuent des sextos sans consentement en subissent les conséquences, mais les personnes qui figurent sur les photos en circulation subissent elles aussi de graves conséquences psychologiques. Dans plusieurs cas, les sextos sont rapidement diffusés et mènent parfois au harcèlement et à l’intimidation.

Les photographies de personnes âgées de moins de 18 ans nues sont considérées être de la pornographie juvénile. Mais peu importe son âge, il faut faire preuve de prudence lorsqu’on envoie des photos révélatrices. Ceux ou celles qui prennent les photos — et même s’ils se photographient eux-mêmes — sont assujettis à la loi. De plus, les gens qui reçoivent les photos pourraient être inculpés de possession de pornographie juvénile. Si vous aimez quelqu’un et souhaitez le lui faire savoir, il est préférable de le lui dire plutôt que de lui envoyer des sextos — et en bout de ligne, vous et votre flamme n’aurez pas à porter des uniformes oranges assortis!

Laissez un commentaire